Hypnose classique, hypnose ericksonienne, hypnose directive, hypnose humaniste, hypnose spirituelle, hypnose de spectacle… Si vous cherchez un hypnothérapeute, vous avez probablement déjà rencontré tous ces termes.
Mais que signifient-ils réellement ? Existe-t-il une forme d’hypnose meilleure qu’une autre ? Et surtout, qu’est-ce que cela change pour vous pendant une séance ?
La réponse est moins compliquée qu’il n’y paraît.
Il existe effectivement plusieurs courants et plusieurs façons de pratiquer l’hypnose. Mais je ne les considère pas comme des méthodes concurrentes entre lesquelles il faudrait absolument choisir.
Dans ma pratique, je les vois plutôt comme différentes boîtes à outils.
Je me suis formée initialement à l’hypnose ericksonienne, puis j’ai progressivement enrichi ma pratique avec la PNL, la Speed Hypnose, l’hypnose directive et la Deep Hypnose, ainsi qu’avec des spécialisations dans la gestion du poids et l’arrêt du tabac et des addictions.
L’objectif n’est pas d’appliquer systématiquement la même méthode à tout le monde. C’est au contraire de pouvoir adapter mon approche à la personne que j’accompagne.
Une petite histoire de l’hypnose
L’hypnose thérapeutique ne commence pas avec Milton Erickson.
Au XVIIIe siècle, le médecin Franz Anton Mesmer développe ses théories autour du « magnétisme animal ». Ses conceptions sont aujourd’hui largement abandonnées, mais son travail participe à l’histoire qui conduira progressivement à l’étude de la suggestion et des états hypnotiques.
Au XIXe siècle, des médecins comme James Braid contribuent à donner à l’hypnose une approche plus physiologique et psychologique. Le terme « hypnose » vient d'ailleurs du grec hypnos, qui signifie sommeil, même si l'hypnose n'est pas un sommeil.
Au fil du temps, différentes écoles se développent.
L’hypnose dite classique ou traditionnelle repose notamment sur des suggestions relativement directes.
Puis, au XXe siècle, Milton Erickson développe une approche beaucoup plus individualisée, indirecte et permissive.
Parallèlement, d’autres praticiens développent des méthodes d’induction plus rapides et plus directives. Dave Elman est notamment connu pour avoir systématisé des techniques d’induction rapide et pour avoir enseigné l’hypnose à des professionnels de santé.
L’hypnose contemporaine est donc le résultat de cette histoire : elle rassemble aujourd’hui des pratiques et des outils assez différents.
L’hypnose classique ou traditionnelle
Quand on imagine l’hypnose ancienne, on pense souvent au pendule, au regard fixe ou aux grandes suggestions répétées : « Dormez… dormez… ».
Cette représentation correspond en partie à ce que l’on appelle l’hypnose classique ou traditionnelle. Elle utilise généralement des suggestions directes et des protocoles relativement structurés.
Certaines de ces techniques restent utilisées aujourd’hui, notamment dans les approches directives, mais la pratique de l’hypnose a considérablement évolué depuis ses débuts.
Je ne pratique pas l’hypnose traditionnelle au sens historique du terme : ma formation initiale est en hypnose ericksonienne, et j’ai ensuite complété cette approche avec des techniques plus directives.
L’hypnose ericksonienne : une approche très personnalisée
C’est le courant dans lequel j’ai été formée initialement, avant d’approfondir ma formation jusqu’au niveau de Maître Praticienne en Hypnose Ericksonienne.
Milton Erickson était psychiatre et psychothérapeute américain. Son approche de l’hypnose se caractérise notamment par son adaptation à chaque personne.
Plutôt que de considérer qu’il existe une manière unique d’induire une transe hypnotique, l’approche ericksonienne utilise le langage, les métaphores, les suggestions et les ressources propres à la personne.
Elle est souvent décrite comme permissive. Cela signifie notamment que le praticien ne cherche pas nécessairement à imposer une expérience précise. Il peut proposer, suggérer, inviter à explorer différentes possibilités.
C’est une approche que j’apprécie particulièrement avec les personnes qui ont une imagination riche, une grande créativité ou un fort sens de la visualisation.
On peut alors utiliser leur univers intérieur comme une véritable ressource.
Mais il ne faut pas pour autant imaginer que l’hypnose ericksonienne signifie « laisser faire et attendre que quelque chose se passe ». Une séance peut être très structurée, même lorsque les suggestions sont formulées de manière permissive.
L’hypnose directive et l’approche elmanienne
L’hypnose directive fonctionne différemment.
Le praticien donne davantage de consignes précises et guide la personne dans son expérience hypnotique dans une relation 50/50, chacun faisant la moitié du travail. Le praticien et le consultant partagent équitablement la responsabilité et le travail pour induire et vivre l'état hypnotique :
- Le praticien (50 %) : Il guide, structure, propose et donne les instructions claires. Il agit comme un pilote qui trace la direction et pose le cadre sécurisant.
- Le consultant (50 %) : C'est lui qui effectue le travail mental, physique et imaginaire. Il déploie l'état d'auto-hypnose à partir des suggestions reçues ; il est le véritable acteur de sa transe.
L’un des intérêts de cette approche est notamment de permettre des inductions rapides, c’est-à-dire de parvenir rapidement à un état hypnotique.
C’est dans cette famille que l’on retrouve notamment les techniques associées à Dave Elman, dont l’enseignement a fortement contribué au développement de l’hypnose directive moderne.
Je me suis formée à cette approche parce que j’apprécie notamment la place qu’elle donne à la participation active de la personne.
Prenons un exemple.
Certaines personnes arrivent en séance en me disant :
« Je pense que je suis résistante à l’hypnose. Je ne suis pas sûre de pouvoir être hypnotisée. »
Dans ce cas, une approche très permissive n’est pas forcément celle que je vais privilégier spontanément.
Je peux au contraire utiliser des techniques directives qui permettent à la personne de constater elle-même, étape après étape, qu’elle est capable de modifier son expérience.
Elle participe activement à son induction. Elle vérifie qu’elle parvient à faire ce qui lui est proposé. Et cette succession de petites réussites peut progressivement faire disparaître l’idée qu’elle serait « incapable d’entrer en hypnose ».
C’est l’un des aspects de l’hypnose directive que je trouve particulièrement intéressants.
La Speed Hypnose : des inductions très rapides
La Speed Hypnose est surtout connue du grand public à travers l’hypnose de spectacle.
Et c’est logique : les hypnotiseurs de spectacle doivent pouvoir amener rapidement des volontaires dans un état hypnotique devant un public.
Mais les techniques d’induction rapide ne se limitent pas au spectacle. Je me suis formée à la Speed Hypnose en 2023, notamment parce que je trouve intéressant de disposer de ces outils dans ma pratique. Une induction rapide peut être utile dans certaines situations, mais rapide ne signifie pas forcément meilleur.
Une personne qui entre facilement en hypnose avec une induction très rapide n’aura pas nécessairement la même expérience qu’une personne pour laquelle il est plus pertinent de prendre davantage de temps.
Encore une fois : c’est un outil dans ma boîte à outils.
Et la Deep Hypnose ?
La Deep Hypnose appartient également à la famille des approches directives auxquelles je me suis formée. Elle utilise notamment des techniques permettant d'accéder à différents niveaux de profondeur :
- Relaxation : Le sujet peut avoir l'impression de ne pas être vraiment en hypnose. C'est le niveau idéal pour des suggestions simples de détente ou amorcer une focalisation de l'attention.
- Catalepsie : Le sujet peut perdre la notion du temps. C'est le niveau idéal pour ancrer des suggestions thérapeutiques fortes ou des modifications de perception (comme l'anesthésie d'un membre).
- Somnambulisme : La frontière entre réalité et imagination disparaît. Le sujet accepte les suggestions directes les plus surprenantes (hallucinations contrôlées, amnésie temporaire post-hypnotique).
- Esdaile : Principalement employé en hypnose médicale ou chirurgicale pour de l'hypnosédation profonde, des accouchements ou la gestion de douleurs extrêmes.
- Sichort : L'état Sichort est réputé pour déclencher des processus d'auto-régulation et de guérison cellulaire accélérée du corps, souvent utilisé pour la régénération rapide après de lourds traumatismes physiques ou de profonds burnouts.
- Hyperemperia : Très axée sur le développement personnel, la créativité, la libération des blocages émotionnels profonds et l'atteinte d'états d'inspiration supérieurs.
Là encore, je ne considère pas la « profondeur » de la transe comme un objectif en soi. Une personne n’a pas besoin d’être « profondément en hypnose » pour qu’une séance soit utile.
Ce qui m’intéresse avant tout, c’est ce que nous allons pouvoir faire de l’état hypnotique et des outils mobilisés pendant la séance.
Et la PNL dans tout ça ?
La Programmation Neurolinguistique est souvent associée à l’hypnose, mais ce n’est pas exactement la même chose.
J’ai obtenu ma certification de Praticienne en PNL en 2025, après avoir commencé mon parcours par l’hypnose ericksonienne.
Pour moi, les deux approches sont un peu comme deux faces d’une même pièce.
L’hypnose utilise notamment l’état hypnotique pour faciliter certaines modifications de l’expérience, tandis que la PNL propose différents outils permettant de travailler sur les représentations, les stratégies mentales, les perceptions et certains automatismes.
Une différence évidente est qu’une séance de PNL ne nécessite pas d’induction hypnotique ni d’approfondissement.
Mais cela ne signifie pas qu’elle ne puisse pas permettre de modifier certains schémas de pensée ou certaines façons habituelles de réagir.
Dans ma pratique, je peux donc utiliser des outils issus de la PNL sans nécessairement mettre la personne en transe.
Et l’hypnose humaniste ?
L’hypnose humaniste constitue un autre courant contemporain, avec ses propres concepts et ses propres techniques.
Je ne la pratique pas et je n’ai pas été formée à cette approche.
Je préfère le préciser plutôt que de donner l’impression qu’un hypnothérapeute pratique nécessairement tous les courants existants.
Il en va de même pour l’hypnose spirituelle, qui peut notamment proposer un travail symbolique autour du transgénérationnel ou des vies antérieures.
Ce sont des approches qui existent, mais elles ne font actuellement pas partie de ma pratique.
Alors, quelle hypnose choisir ?
C’est probablement la question qui vous intéresse le plus.
Et ma réponse risque de vous surprendre : je ne pense pas que vous ayez à choisir.
Vous n’avez pas besoin d’arriver à votre première séance en sachant si vous avez besoin d’hypnose ericksonienne, directive, elmanienne ou d’un autre courant. C’est justement le rôle du praticien de disposer de suffisamment d’outils pour pouvoir déterminer ce qui semble le plus approprié.
Votre personnalité entre en ligne de compte. Vos objectifs également. Votre manière de communiquer, vos croyances, votre capacité à visualiser, votre rapport au contrôle ou encore votre expérience précédente de l’hypnose peuvent aussi influencer la façon dont je vais travailler.
Prenons deux personnes qui viennent avec exactement le même objectif.
- La première est très imaginative, adore visualiser et se laisse facilement porter par les histoires et les métaphores.
- La seconde a besoin de comprendre ce qu’elle fait, aime expérimenter et veut constater par elle-même qu’elle est capable de modifier son état.
Je ne vais pas nécessairement utiliser les mêmes outils avec les deux.
Le problème à traiter est le même. La personne, elle, est différente.
Ma formation : une boîte à outils qui s'est construite progressivement
Mon parcours de formation reflète cette volonté d’élargir progressivement mes outils.
Toutes mes formations ont été suivies chez Psynapse :
- Praticienne en Hypnose Ericksonienne, 2023
- Speed Hypnose, 2023
- Spécialiste en Hypnose pour la Gestion du Poids, 2023
- Spécialiste en Hypnose pour le Tabac et les Addictions, 2024
- Psychopathologie, 2024
- Maître Praticienne en Hypnose Ericksonienne, 2024
- Praticienne en Programmation Neurolinguistique (PNL), 2025
- Hypnose Directive et Deep Hypnose, 2026
Mon parcours principal reste donc l’hypnose ericksonienne, approfondie jusqu'au niveau de Maître Praticienne, auquel sont venus s'ajouter progressivement d'autres outils. Au total, j'ai accumulé 464h de formation à l'heure où je rédige cet article.
Les formations Psynapse en hypnose ericksonienne sont construites pour répondre aux standards de la World Hypnosis Organization (WHO), de la National Guild of Hypnotists (NGH) et les critères de la Fédération Française d’Hypnose et de Thérapies Brèves (FFHTB). Le cursus PNL de Psynapse est quant à lui présenté comme certifié par l'International Association of NLP Institutes (IN). En savoir plus sur les certifications des formations Psynapse
La NGH dispose par ailleurs de ses propres niveaux de certification et exige notamment un minimum de 100 heures de formation pour certaines certifications. Découvrir les standards de certification de la NGH
Ces certifications témoignent de formations suivies et de compétences évaluées dans le cadre de ces organismes. Elles ne doivent toutefois pas être confondues avec un diplôme d’État ou avec une reconnaissance de l’hypnothérapie comme profession de santé réglementée.
Pour moi, le plus important reste ce que je fais de ces formations dans ma pratique.
Pourquoi je continue à me former
Je vois chacune de mes formations comme une nouvelle série d'outils qui vient compléter ma boîte à outils.
Je ne cherche pas à appliquer une méthode unique à toutes les personnes que j'accompagne. Au contraire, plus ma formation avance, plus je trouve intéressant de pouvoir disposer de plusieurs façons d'aborder une même problématique.
- Une personne peut avoir besoin d'une approche très permissive.
- Une autre peut avoir besoin d'un cadre plus directif.
- Une autre encore peut bénéficier davantage d'un travail en PNL, sans induction hypnotique.
- Et parfois, plusieurs approches peuvent être utilisées au cours d'un même accompagnement.
C'est aussi pour cette raison que je ne demande certainement pas à mes clients de choisir leur « type d'hypnose » avant de venir : nous commençons par parler de leur situation, de ce qu'ils souhaitent changer et de ce qui pourrait leur convenir.
Ensuite seulement, je choisis les outils.
Finalement, quelle est la « meilleure » hypnose ?
Il n'existe pas, à mes yeux, une forme d'hypnose qui serait universellement supérieure aux autres.
La question qui me semble plus pertinente est : quelle approche est la plus adaptée à cette personne, dans cette situation, avec cet objectif ?
C'est précisément l'intérêt de se former à plusieurs courants : ne pas disposer d'un seul marteau en considérant que tous les problèmes sont des clous.
L'hypnose reste avant tout une expérience personnelle.
Et votre rôle dans cette expérience est essentiel : vous n'êtes pas un objet que le praticien « met sous hypnose ». Vous participez à la séance, vous vivez votre propre expérience et vous mobilisez vos propres capacités de changement.
Si vous souhaitez découvrir comment l'hypnose peut vous accompagner sur une problématique précise, je vous propose d'en discuter lors d'un premier rendez-vous à Louvain-la-Neuve.
Pour aller plus loin
Article mis à jour le 18 septembre 2026

