Hypnose et phobies : peut-on vraiment se libérer d’une peur ?

Vous savez que cette peur est irrationnelle.

Vous savez qu’une araignée ne représente pas nécessairement un danger. Que prendre l’avion est statistiquement très sûr. Qu’un ascenseur ne va probablement pas rester bloqué. Que parler devant quelques personnes ne devrait pas être une situation dangereuse.

Et pourtant, votre corps réagit comme si votre vie en dépendait.

Cœur qui s’accélère, respiration qui se modifie, tension musculaire, envie de fuir, panique…

Une phobie ne se commande pas simplement avec la raison.

C’est justement pour cette raison que l’hypnose peut être une piste intéressante pour travailler sur certaines phobies.

Quelle différence entre une peur et une phobie ?

La peur est une émotion normale.

Elle a une fonction : nous protéger.

Face à un danger réel, notre cerveau déclenche automatiquement toute une série de réactions qui nous permettent de nous mettre à l’abri.

Le problème apparaît lorsque cette réaction se déclenche dans une situation qui ne présente pas, ou très peu, de danger réel.

Une phobie correspond à une peur intense et persistante, associée à un objet ou à une situation particulière.

Il peut s’agir par exemple :

  • des araignées ou d'autres animaux ;
  • de l’avion ;
  • des aiguilles ou des soins médicaux ;
  • des ascenseurs ;
  • de la conduite ;
  • du vide ;
  • de certains espaces ou situations ;
  • des lieux très fréquentés ;
  • de certaines réactions de notre corps (déglutir, vomir...) ;
  • de certaines situations sociales...

La personne sait souvent parfaitement que sa réaction est excessive. Mais le savoir ne suffit pas à faire disparaître la réaction.

Pourquoi la raison ne suffit-elle pas ?

Imaginez que vous êtes face à une araignée.

Votre cerveau peut parfaitement savoir :

« Cette araignée est petite. Elle ne peut pas me faire de mal. »

Mais votre corps peut répondre :

« Danger ! »

La réaction émotionnelle et automatique se déclenche alors avant même que vous ayez eu le temps de raisonner.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les personnes qui souffrent de phobies entendent parfois des conseils qui ne les aident absolument pas :

« Mais tu sais bien qu’elle ne va rien te faire ! »

Évidemment qu’elles le savent.

Le problème n’est pas intellectuel.

C’est précisément là que l’hypnose peut avoir son intérêt : elle permet de travailler avec les mécanismes automatiques qui participent à la réaction.

Comment l’hypnose peut-elle aider face à une phobie ?

Une phobie n’est pas simplement une peur de « quelque chose ».

Elle correspond à tout un ensemble d’associations : une image, une sensation, une anticipation, une émotion, une réaction corporelle et souvent un comportement d’évitement.

L’hypnose permet de travailler sur ces différentes dimensions.

L’objectif n’est pas de vous convaincre que vous n’avez plus peur. Il s’agit plutôt d’aider votre cerveau à construire une réponse différente.

Au lieu de :

situation → alarme → panique → fuite

on cherche progressivement à créer davantage de possibilités :

situation → perception → choix → réaction adaptée.

Le travail est évidemment différent d’une personne à l’autre.

Une phobie de l’avion ne se travaille pas nécessairement comme une phobie des aiguilles ou une peur de conduire.

Faut-il connaître l’origine de sa phobie ?

Pas forcément.

C’est une idée reçue assez fréquente : pour se débarrasser d’une peur, il faudrait absolument retrouver l’événement qui l’a provoquée.

Or certaines personnes savent parfaitement quand leur phobie a commencé. D’autres ne le savent pas du tout. Et certaines peuvent raconter toute leur histoire sans trouver de moment particulier qui expliquerait leur réaction.

Ce n’est pas nécessairement un problème.

En hypnose, il est possible de travailler sur la réaction actuelle, sur les représentations associées à la situation et sur les ressources dont vous avez besoin pour y faire face différemment.

L’objectif n’est pas de fabriquer une explication à tout prix.

Et si la phobie vient d’un événement traumatique ?

C’est une situation qui demande davantage de précautions.

Une phobie peut parfois être associée à une expérience particulièrement marquante. Dans ce cas, il est important de ne pas chercher à forcer une personne à revivre un événement difficile.

Le rythme et les besoins de la personne doivent rester prioritaires.

L’hypnose peut être utilisée comme outil d’accompagnement en cas de trauma, mais elle ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsqu’un tel suivi est nécessaire.

Est-ce que l’hypnose fonctionne pour toutes les phobies ?

Il serait malhonnête de vous promettre que l’hypnose va faire disparaître n’importe quelle phobie en une séance (même si ça peut arriver). Chaque personne est différente.

La nature de la phobie, son ancienneté, son intensité, les stratégies d’évitement mises en place et votre histoire personnelle peuvent influencer l’accompagnement.

L’hypnose peut cependant constituer un outil intéressant pour modifier la manière dont vous réagissez à une peur.

Et surtout, le but n’est pas nécessairement de ne plus jamais ressentir la moindre appréhension.

Une personne qui avait peur de l’avion n’a pas besoin de devenir passionnée par les turbulences. Elle a besoin de pouvoir monter dans l’avion et voyager malgré une éventuelle appréhension.

Une personne qui avait peur des araignées n’a pas besoin de vouloir les prendre dans sa main. Elle peut simplement vouloir retrouver la capacité de rester dans une pièce sans que toute son attention soit capturée par la peur.

Le but : retrouver votre liberté

C’est probablement la meilleure manière de définir l’objectif d’un accompagnement.

Une phobie devient particulièrement problématique lorsqu’elle commence à organiser votre vie autour d’elle.

  • Vous choisissez vos vacances en fonction de votre peur de l’avion.
  • Vous refusez certaines sorties parce qu’il pourrait y avoir un ascenseur.
  • Vous demandez systématiquement à quelqu’un de conduire à votre place.
  • Vous évitez certains lieux.
  • Vous reportez un rendez-vous médical parce que vous redoutez une aiguille.

Petit à petit, les stratégies destinées à éviter la peur peuvent prendre beaucoup de place.

Le but du travail thérapeutique est alors de vous permettre de retrouver davantage de choix.

Pas de vous forcer.

Pas de vous mettre brutalement face à ce qui vous terrorise.

Mais de permettre à votre cerveau d’envisager d’autres réponses.

Comment se déroule une séance d’hypnose pour une phobie ?

La première étape est toujours de comprendre ce qui se passe pour vous.

  • Qu’est-ce qui déclenche la peur ?
  • Que ressentez-vous ?
  • Que faites-vous pour l’éviter ?
  • Que souhaiteriez-vous pouvoir faire à la place ?

Cette discussion permet de construire un accompagnement adapté à votre situation.

La séance d’hypnose proprement dite vient ensuite, avec des techniques choisies en fonction de votre objectif.

Vous restez acteur de la séance.

Vous entendez ma voix, vous pouvez parler et vous pouvez interrompre l’expérience à tout moment.

L’hypnose n’est pas une perte de contrôle.

Vous habitez dans le Brabant wallon et environs ?

Je vous reçois dans mon cabinet à Louvain-la-Neuve pour des séances d’hypnothérapie.

Si une peur ou une phobie vous empêche aujourd’hui de faire quelque chose que vous aimeriez pouvoir faire, nous pouvons prendre le temps d’en parler et voir si l’hypnose est adaptée à votre situation.

Vous n’avez pas besoin d’attendre que votre peur disparaisse pour commencer à vivre.