Hypnose et addictions : comment se libérer d’une dépendance ?

· Tabac et Addictions

Arrêter de fumer. Réduire ou arrêter l'alcool. Se libérer du jeu. Sortir d'une dépendance au sucre ou à certains comportements… Lorsqu'une addiction s'est installée, il ne suffit pas toujours de se dire : « Il faut que j'arrête. »

On peut parfaitement savoir que l'on aimerait arrêter et continuer malgré tout.

Pourquoi ?

Parce qu'une addiction ne se résume pas nécessairement au produit ou au comportement dont on souhaite se débarrasser. Elle peut aussi remplir une fonction : permettre de faire une pause, se détendre, s'évader, se récompenser, apaiser une émotion…

C'est cette dimension qui m'intéresse particulièrement dans mon accompagnement.

Je ne cherche pas uniquement à supprimer le comportement. Je cherche à comprendre ce qu'il apporte à la personne et à l'aider à trouver une autre manière de répondre à ce besoin.

Une addiction n'est pas toujours simplement une question de volonté

Lorsqu'une personne vient me voir pour une addiction, elle sait généralement déjà qu'elle aimerait changer. Elle connaît souvent les conséquences négatives de son comportement.

Mais connaître ces conséquences ne suffit pas nécessairement à provoquer le changement.

Parce qu'il existe souvent une autre partie de l'expérience : ce que l'addiction apporte, ici et maintenant. C'est ce que l'on peut appeler les bénéfices secondaires du comportement.

Par exemple :

  • la cigarette permet de s'accorder une vraie pause dans une journée chargée ;
  • le verre de vin est associé à la convivialité et aux moments partagés ;
  • le jeu permet de s'évader du quotidien ;
  • certains aliments peuvent apporter du réconfort ou constituer une récompense après une journée difficile.

Le comportement est nocif sur certains plans, mais il peut remplir parallèlement une fonction qui, elle, répond à un besoin réel.

C'est pourquoi je ne considère pas cette partie de soi comme un « ennemi » qu'il faudrait simplement éliminer.

La première étape : savoir pourquoi on veut changer

Avant de commencer le travail hypnotique, nous allons d'abord définir précisément l'objectif.

« Arrêter de fumer » est un objectif.

Mais pourquoi veux-tu arrêter de fumer ?

Pour retrouver ton souffle ? Pour être davantage présent pour tes enfants ? Pour ne plus être dépendant d'un paquet de cigarettes ? Pour économiser de l'argent ? Pour retrouver une meilleure image de toi-même ? Parce que tu souhaites prendre davantage soin de ta santé ?

Plus la raison est personnelle et importante, plus elle peut devenir un véritable moteur du changement.

Je vais donc souvent chercher avec la personne ce qui se trouve derrière son objectif initial, jusqu'à faire émerger les valeurs et les motivations qui comptent réellement pour elle.

Quand la motivation n'est pas encore à 10/10

Je demande parfois à une personne d'évaluer sa motivation à changer sur une échelle de 0 à 10.

Et il est assez fréquent qu'elle me dise :

« Je dirais 8. »

Ou 7. Ou 9.

Cela peut sembler étonnant : si elle est venue consulter pour arrêter, pourquoi n'est-elle pas à 10 ?

Très souvent, les quelques points qui manquent ne correspondent pas à un manque de motivation. Ils correspondent à la peur de ne pas réussir. Et cette peur est particulièrement intéressante à explorer.

Car derrière elle se cache souvent une autre question :

« Qu'est-ce que je vais perdre si j'arrête ? »

Si la cigarette représente ma seule vraie pause de la journée, que vais-je faire à la place ?

Si l'alcool est intimement associé à mes moments de convivialité, est-ce que je vais encore avoir envie de sortir avec mes amis ?

Si le jeu est mon moyen de m'évader lorsque mon quotidien devient trop lourd, comment vais-je retrouver cette sensation ?

Tant que ces questions restent sans réponse, une partie de soi peut avoir de bonnes raisons de ne pas vouloir abandonner le comportement.

C'est pourquoi je préfère identifier ces freins avant de commencer le travail hypnotique.

Comprendre les bénéfices secondaires de l'addiction

J'utilise ici l'expression « bénéfice secondaire » dans son sens thérapeutique : il s'agit de ce que le comportement apporte à la personne, même lorsqu'il lui cause par ailleurs des difficultés.

Prenons la cigarette.

Si elle me permet de sortir cinq minutes de mon bureau, de respirer, de m'isoler et de faire une vraie coupure, le problème n'est peut-être pas uniquement la cigarette.

Le besoin de faire une pause, lui, est légitime.

L'objectif sera donc de pouvoir conserver cette fonction sans avoir besoin de la cigarette.

Même logique avec l'alcool.

Si le vin est associé à la convivialité, il ne s'agit pas seulement de retirer le verre de vin. Il faut aussi permettre à la personne de conserver ce qu'elle aime dans ces moments : le partage, le plaisir d'être ensemble, la détente, la célébration…

Et pour quelqu'un qui joue pour s'évader, il peut être essentiel de retrouver d'autres façons de se déconnecter du quotidien.

C'est une distinction fondamentale :

On ne cherche pas seulement à supprimer un comportement. On cherche à répondre autrement au besoin auquel il répondait.

L'intention positive : comprendre plutôt que combattre

Dans mon approche, je considère qu'un comportement peut avoir une intention positive, même lorsque ses conséquences sont nocives.

Cela ne signifie évidemment pas que l'addiction est bénéfique ou qu'il faudrait la conserver.

Cela signifie plutôt qu'une partie de nous peut avoir développé ce comportement parce qu'il lui permettait de répondre à quelque chose : se protéger, s'apaiser, faire une pause, se récompenser, s'évader…

Cette façon de regarder les choses change complètement la relation au comportement.

Au lieu de se dire :

« Pourquoi est-ce que je fais quelque chose d'aussi mauvais pour moi ? »

on peut commencer à se demander :

« Qu'est-ce que ce comportement essaie de faire pour moi ? »

Et cette question ouvre souvent de nouvelles possibilités.

La place de l'estime de soi

Une autre dimension revient régulièrement dans les problématiques d'addiction : l'estime de soi.

Certaines personnes que j'accompagne ont progressivement intégré une image très négative d'elles-mêmes.

Elles ont essayé d'arrêter plusieurs fois. Elles ont rechuté. Elles se sont promis que ce serait la dernière fois. Et chaque échec a renforcé la conviction qu'elles n'étaient pas capables de changer.

Parfois même, elles ont du mal à s'autoriser à prendre soin d'elles.

Le travail peut alors également porter sur cette question :

« Est-ce que je mérite de prendre soin de moi ? »

Retrouver une image plus positive de soi ne constitue pas une garantie contre la rechute, mais cela peut faire partie du processus de changement : se percevoir comme quelqu'un qui a le droit de prendre soin de sa santé, de son bien-être et de son avenir.

Comment l'hypnose intervient-elle ?

Une fois l'objectif défini et les éventuels freins identifiés, le travail hypnotique peut prendre différentes formes.

Je n'utilise pas systématiquement la même technique pour tout le monde.

Commencer par vivre l'objectif atteint

Une première étape importante consiste à permettre à la personne d'expérimenter de l'intérieur ce que sera sa vie une fois libérée de son addiction.

  • Comment se sent-elle ?
  • Quelles sont ses pensées ?
  • Comment se comporte-t-elle dans les situations qui déclenchaient auparavant l'envie ?
  • Que fait-elle lorsqu'elle traverse un moment difficile ?
  • Comment vit-elle une soirée entre amis, une pause au travail ou une journée ordinaire ?

L'imagerie mentale peut permettre d'explorer cette situation de manière très concrète.

Notre cerveau et notre organisme peuvent réagir de manière bien réelle à des situations imaginées : une image mentale peut par exemple provoquer une émotion, une sensation corporelle ou une réaction physiologique.

Faire vivre cette expérience à la personne permet donc de rendre son objectif plus concret et de lui permettre d'expérimenter qu'un autre fonctionnement est possible.

Modifier certaines associations

Selon l'addiction et l'objectif de la personne, le travail peut également porter sur les associations qui entretiennent le comportement.

Dans certaines situations — par exemple pour le tabac ou certaines habitudes alimentaires — il peut être pertinent de suggérer un dégoût ou une nouvelle perception du produit.

Ce n'est cependant pas systématique.

L'objectif n'est pas de provoquer artificiellement une réaction qui ne correspondrait pas à ce que souhaite la personne.

Transformer la représentation du lien de dépendance

La dépendance peut aussi être représentée mentalement comme un lien, une chaîne, une corde ou toute autre image qui a du sens pour la personne.

Le travail hypnotique peut alors consister à transformer cette représentation et à rompre symboliquement le lien de dépendance.

L'intérêt n'est pas l'image en elle-même. C'est ce qu'elle représente pour la personne et la manière dont cette représentation peut évoluer au cours du travail.

Faire dialoguer les différentes parties

Dans certaines situations, une autre approche peut être intéressante.

  • Une partie de nous souhaite arrêter.
  • Une autre continue à réclamer le comportement.

Plutôt que de chercher à éliminer cette seconde partie, on peut aller à sa rencontre et chercher à comprendre ce qu'elle essaie de faire pour nous.

Puis mettre en dialogue les différentes parties afin de rechercher une solution qui réponde à leur objectif commun : le bien-être de la personne.

Cette approche permet parfois de sortir du conflit intérieur entre :

« Je veux arrêter. »

et

« Mais j'en ai besoin. »

Et après ?

Se libérer d'une addiction ne signifie pas nécessairement ne plus jamais ressentir une envie.

Une envie peut apparaître. Une situation peut réveiller un ancien automatisme.

L'enjeu est alors de ne plus être obligé d'y répondre de la même manière.

  • Pouvoir ressentir une envie sans qu'elle décide à notre place.
  • Pouvoir traverser une situation difficile sans retourner automatiquement vers le comportement.
  • Pouvoir prendre une pause, chercher du réconfort, s'évader ou partager un moment convivial autrement.

Et surtout, retrouver progressivement le sentiment que c'est moi qui choisis.

L'hypnose n'est pas une solution miracle

Je ne promets jamais qu'une séance d'hypnose suffira à résoudre toutes les addictions.

L'efficacité d'un accompagnement dépend de nombreux facteurs, notamment de la nature et de l'ancienneté de la dépendance, de la situation personnelle et de l'implication de la personne dans son changement.

L'hypnose est un outil qui peut faciliter ce processus.

Elle ne remplace pas une prise en charge médicale ou psychologique lorsqu'elle est nécessaire, notamment pour certaines dépendances ou lorsqu'un sevrage médical est indiqué.

Si vous avez une dépendance à l'alcool, aux médicaments ou à une autre substance pour laquelle un arrêt brutal peut présenter un risque, ne cessez pas votre consommation brutalement sans avis médical.

Vous souhaitez vous libérer d'une addiction ?

Si vous avez déjà essayé d'arrêter et que vous avez l'impression de tourner en rond, une première séance peut permettre de comprendre ce qui entretient aujourd'hui votre comportement et ce que vous souhaitez réellement changer.

Nous commencerons par définir votre objectif et par identifier les éventuels freins qui pourraient rendre le changement difficile.

Puis nous déterminerons ensemble les outils hypnotiques les plus adaptés à votre situation.

Article mis à jour le 19 septembre 2026