Troubles psychosomatiques : quel rôle pour l’hypnose ?

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Maux de ventre, migraines, tensions musculaires, douleurs persistantes, troubles digestifs, problèmes de peau… Parfois, les examens médicaux ne permettent pas d'identifier une cause suffisante pour expliquer l'intensité ou la persistance des symptômes.

Et pourtant, le symptôme est bien réel.

On entend alors parfois : « C'est psychosomatique. » Une expression qui peut être mal vécue, comme si le problème n'existait que « dans la tête ».

Ce n'est évidemment pas ce que cela signifie.

Notre corps et notre fonctionnement psychique sont intimement liés. Le stress, les émotions, les pensées et certaines expériences de vie peuvent influencer de nombreux mécanismes corporels : tension musculaire, perception de la douleur, digestion, sommeil, rythme cardiaque, respiration…

Dans certaines situations, l'hypnose peut constituer un outil intéressant pour agir sur cette interaction entre le corps et l'esprit.

Qu'est-ce qu'un trouble psychosomatique ?

Le terme « psychosomatique » désigne, de manière générale, les situations dans lesquelles des facteurs psychologiques ou émotionnels participent à l'apparition, à l'intensification ou au maintien de symptômes physiques.

Cela ne signifie pas que le symptôme est imaginaire.

Une douleur est une douleur. Un intestin qui fonctionne mal est un problème bien réel. Une peau qui démange ou qui s'enflamme n'est pas moins réelle parce que le stress peut intervenir dans son évolution.

C'est justement cette distinction qui me paraît importante lorsque j'aborde ces problématiques en cabinet :

Chercher une composante émotionnelle ou liée au stress ne revient pas à nier la réalité du symptôme physique.

Et avant toute démarche thérapeutique, il est important qu'un symptôme inhabituel, persistant ou préoccupant puisse faire l'objet d'un avis médical approprié.

Quand le stress s'exprime dans le corps

Nous avons tous déjà expérimenté ce phénomène.

Une contrariété peut provoquer une boule dans la gorge. Une situation stressante peut donner mal au ventre. Une période de tension prolongée peut entraîner des douleurs musculaires ou perturber le sommeil.

Le problème peut apparaître lorsque ce mécanisme devient durable.

Le stress active différentes réactions physiologiques destinées à nous permettre de faire face à une situation perçue comme exigeante ou menaçante. Lorsque cette activation se répète ou se prolonge, elle peut contribuer à modifier notre perception de certaines sensations corporelles et à entretenir certains symptômes.

Et un cercle peut alors s'installer :

symptôme → inquiétude → attention accrue au corps → stress → augmentation des sensations → inquiétude…

Prenons l'exemple d'une personne qui ressent régulièrement des douleurs abdominales.

Une première douleur peut être liée à un trouble digestif parfaitement réel. Mais si cette personne commence ensuite à redouter systématiquement de ressentir cette douleur, à surveiller son ventre et à anticiper les situations dans lesquelles elle pourrait survenir, cette vigilance peut elle-même devenir une source supplémentaire de stress.

Le corps n'est donc pas « contre nous ».

Il réagit à ce que nous vivons.

Peut-on vraiment avoir mal « à cause du stress » ?

Oui, mais cette formulation mérite d'être nuancée.

Le stress n'est pas nécessairement la cause unique d'un symptôme. Il peut être l'un des facteurs qui contribuent à son apparition ou à son maintien.

C'est particulièrement important pour les personnes qui arrivent en consultation après avoir entendu :

« C'est juste le stress. »

Cette phrase peut être extrêmement invalidante.

Une meilleure façon de poser la question est :

« Quelle place le stress, les émotions, les habitudes ou les mécanismes d'anticipation peuvent-ils avoir dans ce que vous vivez ? »

C'est dans cette perspective que l'hypnose peut avoir sa place.

Quel rôle l'hypnose peut-elle jouer ?

L'hypnose permet notamment de travailler sur notre manière de percevoir, d'interpréter et de vivre certaines expériences.

Selon la personne et sa problématique, le travail peut porter sur différents aspects.

Agir sur le stress

C'est souvent un premier axe de travail.

Apprendre à modifier son état intérieur, à relâcher certaines tensions et à retrouver des moments de récupération peut permettre de sortir progressivement du cercle de l'hypervigilance.

L'objectif n'est pas de supprimer tout stress de sa vie — ce serait évidemment impossible — mais de retrouver davantage de capacité à réguler sa réaction face aux situations stressantes.

Travailler sur les peurs et l'anticipation

Parfois, ce n'est plus seulement le symptôme qui pose problème.

C'est la peur de son retour. « Et si j'ai mal pendant la réunion ? », « Et si je dois absolument trouver des toilettes ? », « Et si cette sensation annonce quelque chose de grave ? »...

Cette anticipation peut prendre énormément de place et maintenir un niveau de vigilance élevé.

L'hypnose peut alors permettre de travailler sur ces scénarios anticipatoires, sur les réactions émotionnelles qu'ils déclenchent et sur le sentiment de sécurité intérieure.

Modifier la perception de certaines douleurs

La douleur est une expérience complexe, influencée par de nombreux facteurs.

L'hypnose peut notamment être utilisée pour modifier la manière dont une personne perçoit une sensation douloureuse ou pour diminuer la charge émotionnelle qui l'accompagne.

Cela ne signifie pas « imaginer que la douleur n'existe pas ».

Il s'agit plutôt d'explorer la possibilité que la sensation puisse être vécue autrement.

Les techniques utilisées peuvent être très différentes d'une personne à l'autre : modification de la représentation de la sensation, déplacement de l'attention, suggestions, travail sur les ressources, imagerie mentale…

Utiliser l'imagerie mentale

L'imagerie mentale peut également être intéressante pour certaines problématiques corporelles.

Dans le cas de troubles digestifs, par exemple, je peux utiliser des métaphores ou des représentations permettant à la personne de développer une sensation de régulation et d'apaisement de son fonctionnement digestif.

Il ne s'agit évidemment pas de prétendre que quelques images mentales vont « réparer » un organe.

C'est un outil parmi d'autres pour agir sur la manière dont la personne vit et régule son expérience corporelle.

Et lorsqu'un traumatisme est à l'origine de la souffrance ?

Certaines personnes présentent des symptômes persistants après avoir vécu un événement particulièrement difficile.

Lorsque le souvenir de cet événement est présent, un travail hypnotique peut parfois permettre de revisiter l'expérience et d'en modifier la charge émotionnelle.

Il ne s'agit pas de réécrire l'histoire ou de prétendre que l'événement n'a jamais eu lieu.

L'objectif peut plutôt être de permettre à la personne de retrouver aujourd'hui une perception différente de ce qu'elle a vécu et de diminuer l'intensité des réactions émotionnelles qui y sont encore associées.

En revanche, il me paraît essentiel de faire une distinction avec une situation dans laquelle une personne soupçonne avoir vécu un événement dont elle n'a aucun souvenir.

Dans ce cas, je ne cherche pas à faire émerger un souvenir sous hypnose.

L'hypnose ne doit pas servir à fabriquer une histoire à partir d'une hypothèse.

Lorsqu'un souvenir traumatique est déjà présent, le travail est différent : nous travaillons avec ce que la personne sait et ressent aujourd'hui.

Le syndrome de l'intestin irritable : quand le lien entre stress et corps est particulièrement visible

Le syndrome de l'intestin irritable (SII), également appelé syndrome du côlon irritable, est un bon exemple de problématique dans laquelle les interactions entre le cerveau, le système digestif, le stress et les émotions peuvent être particulièrement importantes.

Douleurs abdominales, ballonnements, diarrhée, constipation ou alternance des deux peuvent considérablement perturber la vie quotidienne.

Certaines personnes constatent d'ailleurs très clairement que leurs symptômes sont plus importants dans les périodes de stress.

Cela ne signifie pas que « tout est psychologique ».

Le SII est une affection complexe, et sa prise en charge peut nécessiter plusieurs approches complémentaires. Selon les personnes, les recommandations peuvent notamment inclure des adaptations alimentaires, dont parfois un régime pauvre en FODMAP accompagné par un professionnel compétent, ainsi qu'une prise en charge médicale ou diététique.

L'hypnose peut venir en complément de cette prise en charge.

Dans ma pratique, le travail peut porter sur le stress, les douleurs, les peurs liées aux symptômes, l'anticipation et, lorsque cela semble pertinent, la régulation du transit par l'imagerie mentale.

J'en parle plus en détail dans cet article consacré au syndrome de l'intestin irritable et à l'hypnose.

Il n'existe pas une seule recette

C'est probablement l'un des points les plus importants de ma manière de travailler.

Deux personnes peuvent arriver au cabinet avec exactement le même diagnostic et avoir pourtant besoin d'un accompagnement très différent.

  • Chez l'une, le stress sera au premier plan.
  • Chez l'autre, ce seront surtout les douleurs et la peur de leur apparition.
  • Chez une troisième, une expérience passée aura laissé une charge émotionnelle importante.
  • Et parfois, plusieurs de ces éléments seront imbriqués.

Je ne vais donc pas appliquer automatiquement « le protocole du trouble psychosomatique ».

Je cherche d'abord à comprendre comment cette personne vit sa problématique, ce qui l'alimente aujourd'hui et ce qu'elle souhaite concrètement voir changer.

Le travail hypnotique est ensuite adapté à ces éléments.

C'est aussi pour cette raison que plusieurs approches peuvent être utilisées en fonction des besoins : hypnose Ericksonienne, hypnose directive, PNL, travail sur les sensations ou encore imagerie mentale.

L'hypnose ne promet pas une guérison en une séance

C'est un point sur lequel j'aime être très claire.

L'hypnose peut parfois produire des changements rapides. Mais cela ne signifie pas qu'une problématique installée depuis des mois ou des années va nécessairement disparaître en une seule séance.

Le nombre de séances dépend de la personne, de son objectif et de la complexité de la situation.

Et surtout, l'hypnose ne remplace pas un diagnostic médical.

Si vous présentez des symptômes physiques persistants, nouveaux ou inquiétants, la première étape reste de consulter un médecin afin d'en rechercher les causes et d'écarter une pathologie nécessitant une prise en charge spécifique.

L'hypnose peut ensuite, lorsque cela est pertinent, constituer un accompagnement complémentaire.

Et si le corps essayait simplement de nous dire quelque chose ?

Nos symptômes ne sont pas toujours des messages qu'il faudrait absolument « décoder ». Mais ils peuvent parfois nous inviter à regarder autrement ce qui se passe dans notre vie, notre niveau de stress, nos habitudes, nos émotions ou notre rapport à certaines sensations.

L'objectif de l'hypnose n'est pas de vous convaincre que votre problème est « dans votre tête ».

C'est au contraire de considérer la personne dans son ensemble et d'explorer les leviers sur lesquels il est possible d'agir.

Si vous souffrez de symptômes dans lesquels le stress, l'anticipation ou la charge émotionnelle semblent jouer un rôle, l'hypnose peut être une piste à envisager en complément d'une prise en charge adaptée.

Vous souhaitez en parler ?

Vous pouvez prendre rendez-vous dans mon cabinet à Louvain-la-Neuve pour faire le point sur votre situation et déterminer ensemble si l'hypnose peut être pertinente pour vous.

Article mis à jour le 19 septembre 2026